14.05.2008

Un an (ou presque) après...

Un an après sa sortie, et un an après l'avoir dévoré, j'ai repris le bouquin de Bonaldi "La vie (presque) sans pétrole".5991130535e1bb83c69827526b2fba65.jpg
Le fait qu'il ait écrit ce livre en suivant des avis d'experts ressort encore plus un an après : le système débrouille, le retour des vieux métiers, la récup, la BIO, l'économie type "après-guerre" se précisent de plus en plus, tels que Bonaldi les a décrits dans son recueil de nouvelles. Je recommande à tous la lecture de cet ouvrage qui permet d'ajouter un peu d'optimisme à la morosité ambiante, bien que les critiques (donc forcément chagrins) se soient empressés de le qualifier de débordant. De plus, le fait de justifier l'emploi du nucléaire comme source d'énergie "moins polluante" a fait grincer pas mal de dents (dont les miennes, mais bon... On ne peut être 100% d'accord avec tout le monde, ou alors on a abusé des psychotropes...).

A mon avis, il ne faut pas prendre les nouvelles de Bonaldi pour des recettes du bien vivre en 2016, mais plutôt comme une série d'anticipations, voire de prédictions. En l'état actuel des choses, il a suffit de deux ans (puisque le référentiel était 2006) pour entrevoir les tracas d'ordre énergétique dûs à la flambée du cours du pétrole.
Ainsi, c'est la mode, pour les journalistes, de montrer ces gens qui se débrouillent, qui font des économies, qui entreposent leur huile ou qui collectionnent les bons d'achats. Avant-hier, j'ai vu un reportage sur les paysans ukraininens qui font tourner les tracteurs à l'huile de saindoux ("le seul problème, c'est l'odeur..." LOL !!!)
Le point commun à beaucoup d'initiatives est de faire tourner les voitures à quelque chose qui pourrait remplacer l'essence. Mais bon sang, pourquoi chercher à conserver ce confort-là alors que nous n'aurons plus les moyens de l'assurer dans l'avenir ?! Pour passer des heures à s'intoxiquer dans les embouteillages malgré la pénurie de gasoil? Et bien entre le colza, l'huile de friteuse recyclée, le saindoux et que sais-je encore, ça va être plaisant !

_ Vous avez fait un méchoui au boulot?
_ Non, y'a dix kilomètres de bouchons sur l'A1, une carriole de betteraves s'est renversée, j'ai oublié de fermer la vitre... J'étais coincé entre un camion ukrainien et une baraque à frites...
_ A ce propos, va me vider deux litres du réservoir, je vais faire frire du poisson.

Je vais le réécrire encore une fois. Voiture = Pétrole = fini. Ce ne sont pas des moyens de remplacer le pétrole qu'il faut chercher, ce sont des moyens de s'en séparer totalement.
On n'utilise les énergies fossiles que depuis la fin du XIXème siècle : en 200 ans on a tout pourri. Bien sûr, c'était synonyme de progrès.
Maintenant, le progrès, ce serait de chercher à faire survivre le monde où on est et, dans le meilleur des cas, les gens qui sont dessus. En quoi cela nous sert-il d'avoir de belles grosses voitures quand on est sûr de ne plus pouvoir nous en servir dans 10 ans? A quoi sert le progrès quand on passera la majorité de notre temps à trouver de quoi bouffer et le reste à ne pas souffrir du froid?

Le truc qu'il faut se demander, c'est si tout ce qu'on recherche dans le progrès nous est vraiment utile. Sans parler des recherches médicales ou pharmaceutiques, y'a-t-il beaucoup de choses qui nous sont si indispensables que nous ne pouvons pas vivre sans?
Durant mes études, on nous a fait étudier les 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson... Je n'ai jamais lu qu'il fallait obligatoirement posséder un gros 4x4 pour satisfaire un besoin.

Satisfaire ces besoins fondamentaux ne nécessite pas du progrès, puisqu'ils sont intemporels et ils ne supposent pas un niveau de technologie en particulier. Si ces besoins sont satisfaits, on vit, et on vit bien. Débarrassons-nous de l'inutile et du superflu, et nous ferons des économies, à la fois énergétiques et environnementales.

Une autre alternative à la pénurie de pétrole, c'est peut-être l'humilité...